Relation patient

Annonce difficile : bien préparer la consultation qui suit

R Rédaction Cliniva 7 min de lecture

Annonce difficile : bien préparer la consultation qui suit

Après l'annonce d'un diagnostic grave, un patient retient en moyenne moins de la moitié de ce qui lui a été dit. Le choc émotionnel sature l'attention, et les informations essentielles se perdent. La consultation d'annonce ne peut donc pas tout porter : c'est la consultation qui suit qui reconstruit l'information, le lien et le projet de soins.

Consultation d'annonce : poser le cadre de la suite avant de conclure

Le dispositif d'annonce issu du Plan cancer l'a montré : l'annonce est un processus, pas un moment. Avant que le patient quitte votre bureau, trois éléments doivent être posés. La date du prochain rendez-vous d'abord, fixée séance tenante, idéalement sous huit à quinze jours : un patient qui repart avec une date repart avec une suite, pas seulement avec un verdict. Un support écrit ensuite, même sommaire : le nom exact du diagnostic correctement orthographié, les deux ou trois prochaines étapes, un numéro joignable entre les deux consultations. L'invitation à venir accompagné enfin : un proche entend ce que le patient n'entend plus, et pourra reformuler à la maison, dans un moment plus calme.

Préparer la consultation qui suit : reconstruire avant d'avancer

La deuxième consultation ne démarre pas là où la première s'est arrêtée, elle recommence presque au début, et c'est normal. Ouvrez par une question simple : qu'avez-vous retenu de notre dernier échange ? La réponse cartographie ce qui a été entendu, déformé ou effacé, et vous évite de bâtir sur du vide.

Je croyais avoir été clair sur le caractère traitable de sa maladie. Quinze jours plus tard, il avait surtout retenu le mot cancer, rien d'autre.

Ce constat d'un confrère oncologue est la règle plutôt que l'exception. Prévoyez ensuite du temps : cette consultation mérite un créneau long, signalé comme tel dans l'agenda pour que le secrétariat ne la coince pas entre deux renouvellements d'ordonnance. Préparez enfin vos réponses aux questions qui émergent précisément à ce stade :

  • le pronostic, et ce que les statistiques signifient dans son cas particulier ;
  • le déroulé concret des traitements et leurs effets attendus au quotidien ;
  • les conséquences pratiques sur le travail, la conduite, la vie familiale ;
  • les personnes ressources, infirmière de coordination, psychologue, associations de patients.

Entre les deux rendez-vous, un appel bref du secrétariat ou de l'infirmière change la donne : il rattrape les inquiétudes avant qu'elles ne s'installent, et repère le patient qui a décroché. Documentez chaque étape dans le dossier, ce qui a été dit, ce qui semble avoir été compris, ce qui reste à aborder : le confrère ou le spécialiste qui reçoit ce patient ensuite reprendra le fil au bon endroit au lieu de tout recommencer. L'annonce occupe un jour dans la vie du patient. L'accompagnement, lui, se construit sur les semaines qui suivent, et cette deuxième consultation en est la première pierre véritable. La soigner autant que l'annonce elle-même, c'est reconnaître que comprendre prend plus de temps qu'entendre.

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